La Piscine de l’École 42 : mon ressenti simple et utile

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En recevant une invitation pour participer à la Piscine de l’École 42, je me demandais si c’était une « coïncidence » ou un « signe ». La vérité ? C’était une semaine réservée aux femmes désireuses de découvrir le code. Je me suis dit : « attends, c’est vraiment super, je suis en train de créer mon app mobile de motivation émotionnelle avec du no-code, je découvre un tout petit peu Python pour créer des commandes et télécharger mes documents. Peut-être que c’est le moment d’en découvrir un peu plus, ça pourra m’aider. »

C’est vraiment super qu’une telle école existe et qui plus est, qu’elle soit gratuite et ouverte à tous sur sélection. Finalement, cette expérience allait devenir une simple opportunité de tester ma façon d’apprendre. Voici mon retour d’expérience sans fard sur mon passage à la Piscine de l’École 42.

Pourquoi la Piscine de l’École 42 intrigue?

Je suis donc allée à l’École 42, à Paris. Je suis arrivée devant une porte avec une horde de femmes qui jouaient des coudes pour entrer. Le début des soldes ? Non, tu l’auras compris, c’est l’apprentissage au code et l’espoir d’une riche vie de codeuse. Il y avait un peu plus de 350 d’entre nous, toutes aussi audacieuses, motivées et désireuses de découvrir si nous étions faites pour coder. On a tellement entendu dire qu’il faut être bon en maths, en logique, en ceci ou cela, qu’on se crée des barrières mentales. Démocratiser le code à tout le monde, c’est super pour les faire enfin tomber. 

Ce parcours initiatique, ils l’ont appelé « la Piscine ». J’avoue, ce n’est pas ma façon de faire généralement…. Mais, je n’ai vraiment pas eu un moment pour me renseigner sur l’École 42 et sur le déroulement de cette semaine. Ils en disaient peu dans le mail, j’aurais dû fouiner. J’avais entendu parler de l’École 42 en bien et je n’ai pas été chercher plus loin. J’étais tellement absorbée par mon app et tout le reste que franchement, je suis même descendue trois stations trop tôt. La journée commençait bien.

Infographie présentant la Piscine de l’École 42 : immersion intensive en code, apprentissage par les pairs, autonomie et ambiance de campus très intense.
La Piscine de l’École 42 : immersion intensive en code, autonomie et apprentissage par les pairs dans une ambiance très rythmée.

Une méthode d’apprentissage par les pairs – « peer-to-peer » 

C’était long de faire entrer plus de 350 personnes dans un amphithéâtre. La journée a vraiment commencé vers 10h30. Je me suis assise à côté d’inconnues avec qui je n’ai pas trop eu le temps de faire connaissance. On nous a présenté l’École 42 et là, une page de la présentation a attiré plus particulièrement mon attention. On nous a indiqué : pas de cours, pas de professeurs, pas de programme et pas de diplôme si on poursuivait par la suite à l’École. Bon, pour le diplôme, je n’étais pas déçue parce que c’était juste une semaine initiatique. Mais alors, pas de cours et pas de prof ?! Je n’étais pas prête. 

On nous a expliqué que l’organisation voulait que tout au long de la semaine, tout comme au sein de l’École 42, nous allions devoir travailler en toute autonomie sur un parcours qui nous permettrait de progresser avec des tests corrigés par d’autres élèves. Nous devions nous débrouiller seules pour trouver les informations sur Internet et travailler en collaboration avec les personnes autour de nous pour en savoir davantage. C’est la méthode d’apprentissage par les pairs (« peer-to-peer »).

Présentation « Les principes de 42 » pendant la semaine d’immersion
Les principes de 42 : autonomie et apprentissage par les pairs.

À vrai dire, travailler seule de chez moi, ça n’a jamais été un problème. J’arrive à trouver les bonnes informations sur Internet, à m’organiser et gérer mon temps. Mais travailler avec des apprenants venant d’univers,  secteurs et de niveaux différents des tiens et te faire corriger par eux, c’est vraiment différent. En entreprise, je suis dans mon élément, je maîtrise mon sujet. Quand je travaille en petit groupe, nous échangeons nos savoir-faire, nos méthodes et nos expériences sur notre discipline commune entre experts avertis. Nous apprenons ainsi vraiment et c’est enrichissant. C’est un vrai partage de connaissances. C’est mon expérience de « peer-to-peer » réussie. 

Mais qu’en est-il de l’apprentissage, si nous sommes tous novices ?

Que partageons-nous vraiment ? Nos suppositions, nos balbutiements, nos erreurs ? Tu l’auras compris, ce n’est pas ma façon d’apprendre. J’ai vu des filles contourner la chose et très vite, s’inscrire comme correctrice pour avoir la réponse au problème, comme si tricher paie. Avaient-elles pour autant compris comment ça fonctionnait et pourquoi ? Leurs explications me faisaient douter et donc, j’obtenais la réponse sans avoir vraiment compris moi-même. C’était frustrant. Et expliquer une chose que tu comprends que moyennement à quelqu’un qui a aussi peu compris que toi, c’est un peu tiré par les cheveux. 

Si comme moi, tu as besoin d’un cadre, de retours réguliers et d’étapes claires, cette expérience n’est sans doute pas pour toi. Je progresse mieux avec des objectifs, des débriefs et des feedbacks de « sachants ». Bien sûr, nous avions des volontaires habillés en T-shirt violet qui étaient là pour nous aider. Je crois avoir entendu qu’on les appelait « les comètes » sur le plateau. C’est marrant pour un tuteur d’être associé au terme « comète » qui signifie aussi l’arrivée d’une catastrophe. Mais pour le coup, la signification que j’en retenais, c’était la rapidité de sa disparition. Je n’ai même pas eu le temps de connaître son prénom, que ma bénévole s’était déjà évaporée… nous laissant seules avec nos questions. 

Débutant : bon plan, la Piscine de l’École 42?

Quand je suis dans le flou, je n’ai juste pas besoin de flou supplémentaire. Les rencontres étaient sympas mais pas au point d’oublier le reste : un plateau chargé de monde, un bruit incessant, des serviettes de bain traînant partout, le repas à commander très tôt si tu veux manger correctement ou encore, la blague du clavier QWERTY. Le truc qui te frappe le plus en ce mois de janvier, c’est le froid glacial du plateau. J’avais pourtant un col roulé et un sous-pull, mais j’avais super froid et j’ai attrapé la crève. Plein de nanas autour de moi gardaient leur manteau et leur écharpe. J’aurais sans doute dû faire pareil. 

Présentation « Les principes de 42 » pendant la semaine d’immersion
Les principes de 42: autonomie, projets en commun, apprentissage par les pairs.

C’est peut-être aussi une méthode d’apprentissage pour nous faire travailler mieux et plus vite ou pour nous aider à nous concentrer plus. Alors, c’est sûr, je n’ai pas flanché, pas un quart de seconde. Éveillée, alerte, j’étais à couteaux tirés. Mais avoir une centaine de personnes dans son dos qui échangent des bribes de réponses d’un côté et de l’autre sans que tu comprennes tout bien, ce n’est pas agréable. 

Pour autant, je crois que j’aurais vraiment adoré cette École 42 si je n’avais pas adhéré au système de l’école classique de notre enfance, de nos universités voire même des formations en entreprise. C’est un modèle plus vertical où quelqu’un de « sachant » partage son savoir avec d’autres par niveau. J’aurais profité de cette méthodologie originale si je ne me souvenais pas de ces quelques professeurs qui m’ont transmis beaucoup plus que l’envie d’avoir de bonnes notes et de réussir. C’est d’envie, de passion et de transmission dont j’avais vraiment besoin. 

Si tu t’y reconnais, fonce ; sinon, le no-code?

Le partage de connaissances est différent, mais il existe. Il faut juste comprendre où se situe ta façon d’apprendre et où sont tes limites. Si tu n’aimes pas les cadres et que tu adores l’ambiance start-up, ce système très libre peut te plaire. Si tu te sens bien dans un environnement autonome, tu seras comme un poisson dans l’eau. Ce sera parfait. Je te souhaite d’y vivre une excellente expérience et d’en profiter un max. Petite chose : j’ai croisé plusieurs personnes que mon sourire — ou un simple bonjour — amusait ; n’oublie pas ça toi aussi. Ne rends pas l’expérience encore plus froide.

Moi, mon prénom signifie « dauphin » en grec. Je devrais savoir nager. Mais tu vois, le truc, c’est que je nage mieux avec quelqu’un qui sait nager à côté de moi. Je me sens en confiance et me dis qu’au pire, on me rattrapera si je coule. Là, j’ai touché le fond dans ce vacarme. J’étais au milieu d’une centaine de personnes qui n’en avaient juste rien à faire que je me noyais parmi elles. 

Donc tu l’auras compris, mon expérience à la Piscine de l’École 42 a tourné court. Je n’ai pas tenu plus d’une journée. J’ai besoin d’apprendre à nager avec un maître-nageur, attentif, patient, encourageant et qui explique bien les étapes de l’apprentissage. J’ai besoin d’un programme, qui me rassure sans doute, mais me permet surtout d’y voir plus clair. En attendant de trouver mon futur maître-nageur préféré, je vais continuer de m’amuser avec le no-code, avec Chad, avec Claude, Perplexity, Google et les autres, dans le confort de mon appartement chaleureux et chauffé, lui. 

Et toi, tu connais l’École 42 ? Tu y es allé ? Ou bien quelqu’un que tu connais ? Tu en es sorti « diplômé sans diplôme » après y avoir passé combien de temps ? Raconte-moi ! 

Et dans le prochain acte, il ne me restera qu’à te parler de l’approche no-code que j’ai adoptée.

FAQ — Immersion au code

1) La semaine d’immersion code à la Piscine, c’est quoi ?

 C’est une semaine gratuite pour découvrir le code à l’École 42. Dans ma session, c’était pensé pour les femmes (en reconversion, en recherche d’emploi, etc.). Le but : un mini-parcours pour découvrir les recherches et le travail en équipe, propres à l’ambiance de l’École 42.

2) Ça dure combien de temps ?
Cinq jours. On te recommande d’être sur place. Tu peux t’organiser comme tu veux : beaucoup de choses sont en ligne, mais c’est plus simple sur le campus.

3) Faut-il savoir coder pour candidater ?

Non. Dans mon groupe, les profils venaient de secteurs très différents, souvent sans base de code.

4) Qui peut s’inscrire (âge, diplôme) ?
Pendant la présentation, on nous a dit : pas de diplôme demandé pour cette semaine ni pour l’École 42. Si tu veux y poursuivre ensuite, il faut avoir 18 ans (ou être dans l’année du Bac).

5) Comment on s’inscrit ?
J’ai postulé en ligne via France Travail. Il existe peut-être un formulaire côté 42 pour ces sessions ; à vérifier selon ta ville/date.

6) C’est payant ?
Non, c’est gratuit. Et on nous a bien précisé : pas de frais cachés.

7) Faut être présent tout le temps ?
C’est mieux. Le campus est ouvert 24/7 : tu badges quand tu veux et tu t’organises avec les personnes rencontrées.

8) Y a-t-il des profs et des cours magistraux ?
Non. C’est de l’apprentissage par les pairs : tu avances sur des projets avec des élèves et tu es évalué par d’autres élèves. Le choix de l’évaluateur se fait automatiquement.

9) Peut-on travailler à côté ?
Possible en temps partiel, mais dur : l’immersion est intense. Et la vraie Piscine d’un mois + l’École 42 ensuite, c’est encore plus prenant. Si tu veux en profiter, il faut être à fond.

10) Et la formation après, ça dure combien de temps ?

On nous a dit : pas de durée figée. On parle souvent d’environ 3 ans, avec un tronc commun à faire en moins de 2 ans — ça dépend de ton rythme.

11) Y a des diplômes/titres reconnus ?
Pendant la présentation, on nous a dit qu’il n’y avait pas de diplôme d’État. J’ai vu après qu’il existe des titres possibles, mais ce n’était pas détaillé.

12) Et l’insertion professionnelle ?
Lors de la présentation, ils ont parlé de bons taux d’insertion. Je n’ai rencontré aucun diplômé pendant la journée ; donc, prends ça comme un repère, pas comme une promesse.

Ne sois pas égoïste, partage cet article! 🙂

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